Entretien

Bitamgate : Charles Nzego brise le silence et démonte les zones d’ombre du dossier USB

© D.R./SPORT241Bitamgate : Charles Nzego brise le silence et démonte les zones d'ombre du dossier USB
Bitamgate : Charles Nzego brise le silence et démonte les zones d’ombre du dossier USB

Au cœur d’une controverse qui secoue le football gabonais, désormais baptisée « Bitamgate », le Secrétaire Général de la LINAFP, Charles Nzego, a reçu notre rédaction ce lundi 20 avril pour faire toute la lumière sur le dossier de l’Union Sportive de Bitam. Également vice-président de la commission de qualification, il livre une lecture précise et sans équivoque des faits, entre crise interne au club, exigences réglementaires et décisions prises dans un souci de transparence et de rigueur.

Monsieur le Secrétaire Général, pourquoi la LINAFP a-t-elle jugé nécessaire de réagir aux déclarations du président de l’USB ?
Charles Nzego : Nous avons été profondément surpris par des déclarations relayées dans les médias et entachées de contre-vérités. Il était impératif de rétablir la vérité afin de protéger l’intégrité du travail mené par de nombreux acteurs engagés dans l’organisation de nos championnats.

Quelle est, selon vous, l’origine profonde de la crise que traverse l’USB ?
Charles Nzego : Les problèmes de l’USB sont avant tout internes. Le bicéphalisme installé depuis le début de la saison a créé une instabilité administrative qui impacte directement la gestion des dossiers et la conformité aux règlements.

La FEGAFOOT a-t-elle joué un rôle dans cette situation ?
Charles Nzego : Oui, face à cette crise, la fédération a suspendu l’USB des compétitions le 19 mars 2026, avant de lever cette suspension quelques jours plus tard, ce qui a permis au club de revenir dans le processus.

Après sa réintégration, comment s’est déroulé le passage de l’USB devant la commission de qualification ?
Charles Nzego : Le club s’est présenté dans un contexte encore confus, avec des dossiers multiples et parfois non conformes, ce qui a nécessité une intervention stricte de la commission.

Comment la commission de qualification a-t-elle réagi face à cette situation inhabituelle ?
Charles Nzego : Les deux parties sont arrivées avec 51 dossiers de joueurs, alors que la limite est de 30. La commission a donc demandé au club de s’accorder en interne avant de soumettre une liste conforme. Finalement, 29 dossiers ont été déposés.
La commission a-t-elle validé ces dossiers ?
Charles Nzego : Non, car il s’est avéré que l’USB était toujours sous le coup d’une interdiction de recrutement. Une fois cette situation confirmée par la FEGAFOOT, les dossiers présentés ont été jugés frauduleux et écartés. L’effectif a été réduit à seulement huit joueurs qualifiés.

Certains accusent la commission d’avoir été partiale. Que répondez-vous ?
Charles Nzego : La commission est composée de manière transparente et inclusive : représentants de la LINAFP, des clubs, des joueurs et de la FEGAFOOT. Toutes les décisions sont prises de façon collégiale et conformément aux règlements.

Qu’en est-il du cas spécifique du joueur Aboghe Yannick, au cœur de la polémique ?
Charles Nzego : Aucun procès-verbal officiel n’a validé la qualification de ce joueur. Sa participation aux matchs pose donc un sérieux problème réglementaire. Nous nous interrogeons sur les raisons de son alignement.

La LINAFP a-t-elle pris des mesures pour clarifier la situation avec les clubs ?
Charles Nzego : Oui, une réunion a été organisée le 8 avril 2026 avec tous les clubs professionnels. L’objectif était de rappeler les règles de qualification et de faire le point sur les dossiers en cours.

Quelles décisions ont été prises à l’issue de cette réunion ?
Charles Nzego : Deux décisions principales :
• L’USB devait fournir la preuve de la levée de son interdiction de recrutement par la FIFA ;
• La période de qualification a été exceptionnellement prolongée pour permettre aux clubs, y compris l’USB, de régulariser leur situation.

Justement, le Procès-Verbal de qualification spéciale n°1 du 17 avril 2026 évoque un rejet total des dossiers. Pouvez-vous nous expliquer ?
Charles Nzego : Effectivement, sur les cinq dossiers présentés dans ce cadre spécifique, aucun n’a été validé. Cela traduit un problème sérieux de conformité administrative dans la constitution des dossiers soumis.

Quels sont les principaux motifs qui ont conduit à ce rejet massif ?
Charles Nzego : Les motifs sont essentiellement administratifs : absence de pièces d’identité comme la Carte Nationale d’Identité et non-conformité des licences, notamment l’absence des licences originales provinciales. Ce sont pourtant des exigences de base.

Peut-on parler de négligence de la part des dirigeants du club ?
Charles Nzego : Je parlerais surtout d’un manque de rigueur administrative. À ce niveau de compétition, les dossiers doivent être irréprochables. Ce type d’erreurs ne devrait pas se produire.

Ces rejets sont-ils définitifs ou existe-t-il une possibilité de régularisation ?
Charles Nzego : La commission reste ouverte. Les joueurs concernés peuvent être qualifiés s’ils fournissent les documents requis, notamment les licences originales de la Ligue provinciale et des pièces d’identité valides.

Qui a pris part à cette commission spéciale de qualification ?
Charles Nzego : La commission était composée de manière collégiale, avec un président, moi-même en tant que vice-président, ainsi que des représentants des clubs et des joueurs. Cela garantit la transparence et l’équité des décisions.

Certains estiment que la LINAFP serait trop sévère avec l’USB. Que leur répondez-vous ?
Charles Nzego : Nous appliquons simplement les textes. Il ne peut pas y avoir de traitement de faveur. Tous les clubs sont soumis aux mêmes exigences réglementaires.

Au regard de tous ces éléments, que retenez-vous globalement du dossier USB ?
Charles Nzego : C’est un cas qui illustre l’importance de la bonne gouvernance et du respect strict des procédures administratives dans le football professionnel.

Quel message souhaitez-vous adresser aux acteurs du football gabonais ?
Charles Nzego : Le respect des règles est fondamental. Nous appelons à plus de rigueur et de responsabilité. Sans discipline administrative, il ne peut pas y avoir de compétition crédible ni de développement durable du football.

Monsieur le Secrétaire Général, peut-on espérer une sortie de crise rapide dans ce dossier que vous qualifiez vous-même de révélateur de dysfonctionnements ?

Charles Nzego : Tout dépendra de la capacité des dirigeants concernés à se conformer strictement aux règles et à rétablir un fonctionnement administratif sain. Les instances resteront fermes, mais toujours ouvertes à accompagner les clubs dans une démarche de régularisation. L’objectif n’est pas de sanctionner pour sanctionner, mais de garantir l’équité et la crédibilité de nos compétitions.

Et merci pour l’intérêt sur les compétitions de la Linafp et particulièrement sur la situation de l’Union Sportive de Bitam ; un grand acteur du National-Foot 1.


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